TAP x CAUSE : L’Art pour incarner la RSE ou comment engager votre entreprise autrement

L’Art qui Engage : Quand The Art Pledge rencontre CAUSE pour transformer la RSE des Entreprises

Dans un monde en perpétuelle transformation, où les entreprises cherchent à donner du sens à leurs engagements sociétaux, l’art pour incarner la RSE s’impose comme un puissant levier de transformation. C’est dans cette optique que The Art Pledge, fondé par Didier Saulnier, s’associe à CAUSE pour proposer une approche inédite : TAP x CAUSE – L’Art qui Engage.
Une collaboration qui redéfinit la manière dont les entreprises vivent et partagent leur responsabilité sociétale à travers l’art contemporain.

Rencontre avec Didier Saulnier, un passionné d’art et de culture d’entreprise, qui nous partage sa vision de cette croisée des chemins.

Comment l’art contemporain peut être un levier pour incarner la responsabilité sociétale de votre entreprise ? Pourquoi l’art pour incarner la RSE ? The Art Pledge x CAUSE, une association complémentaire ? 

Avant de commencer, voici quelques exemples parlants d’œuvres d’art au sein de l’espace public qui ont suscité des réactions et ont ouvert des débats :

FRAC Languedoc-Roussillon, Alain Bublex, Plug-in City (2000), gare de Montpellier Saint Roch, été 2013 à hiver 2014

Cette immense image recouvre la cloison qui masque la 2e phase des travaux de la gare de Montpellier Saint-Roch. C’est un trompe-l’œil, qui joue avec nos sens. Derrière, on entend le chantier, les ouvriers qui s’activent, le lieu qui se transforme à l’abri des regards. Mais devant nous, c’est une vue fantasmée des mutations de la gare qui s’offre à nous.

La « ville nuage » de Tomas Saraceno, décembre 2011 à l’occasion de l’ouverture de la gare de Belfort – Montbéliard TGV et du TGV Rhin Rhône.

En 2012, à proximité de la première gare Haute Qualité environnementale (HQE) d’Europe, au cœur de la « vallée de l’énergie », une performance de l’artiste argentin rendait hommage à Etienne Oehmichen, pionnier de la biomécanique et de l’hélicoptère. À travers l’image “d’une plateforme habitable flottant dans l’air”, son projet au long cours “Villes Nuages” interroge l’avenir de nos villes, de nos transports et de nos besoins sur une planète dont les ressources sont de plus en plus comptées. L’artiste enseigne au MIT et collabore avec la NASA et l’ESA.

Didier, peux-tu nous parler de ton parcours et de ce qui t’a amené à créer The Art Pledge ?

J’ai toujours eu une passion pour l’art et une fascination pour la culture d’entreprise. Finalement, j’ai suivi une formation en école de commerce et travaillé pour de grandes marques comme Procter&Gamble, Coca-Cola et Red Bull. Ces expériences m’ont permis de comprendre à quel point la culture d’entreprise est essentielle, et combien elle est trop souvent négligée au profit des processus et des objectifs à court terme.

L’art contemporain est l’archéologie du présent, il  joue un rôle fondamental dans la compréhension du monde qui nous entoure.

Il capte les tendances, traduit nos préoccupations sociétales et anticipe les transformations à venir. En entreprise, il peut être un formidable catalyseur d’engagement, en rassemblant les équipes autour de réflexions profondes et en créant du lien.

Robert Filliou

“L’art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art”

Comment est né The Art Pledge et quel a été le déclic ?

The Art Pledge est une évolution d’Artists4Climate, une initiative lancée en 2015 lors de la COP21.
Les deux objectifs principaux de cette initiative étaient les suivants :


Sensibiliser le grand public à l’urgence climatique grâce à des œuvres d’artistes internationaux majeurs dans l’espace public
Agir concrètement en organisant une vente aux enchères caritative d’oeuvres de ces mêmes artistes chez Christie’s, pendant la COP21, au profit de l’adaptation au changement climatique en Asie, Afrique et Amérique Centrale (un projet par artiste). Bien qu’intéressant, ce mécanisme ne peut être que ponctuel: les dons d’œuvres, et la volatilité des prix de vente aux enchères ne sont pas soutenables, or les besoins sont immenses !

Les artistes ont été choisis pour “représenter” les pays les plus émetteurs de CO₂.
Ce projet, soutenu par l’ONU, le gouvernement français et la Ville de Paris, a nécessité plus d’un an de travail. Il ne prenait toutefois pas encore en compte les 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) de l’ONU, dévoilés à la même période. 

Un exemple marquant ?

Ice Watch.
Une installation de l’artiste islando-danois Olafur Eliasson, “pape” de l’art environnemental, et du géologue groenlandais Minik Rosing, à l’origine de la plus ancienne datation de la vie bactériologique sur terre. Douze blocs de glace, tels que ceux se détachant par milliers chaque seconde dans l’arctique, ont été pêchés et convoyés jusqu’à Paris pour “amener” cette réalité à Paris pendant la COP21.

Ces 12 blocs, vieux de 10 000 ans, symbolisent ainsi les 12 points du cadrant d’une montre, ont été disposés place du Panthéon, entre l’université de la Sorbonne et ce temple des Grands Hommes, afin d’incarner l’urgence climatique, et permettre au public qui n’ira jamais en arctique de toucher cette réalité du doigt, aussi d’entendre des bulles d’air jamais exposées aux pollutions de l’homme. 📽 Regardez la vidéo du projet ici

C’est pour aller plus loin que The Art Pledge a vu le jour.
Son ambition : agir 365 jours par an, sur l’ensemble des 17 ODD, d’une manière soutenable pour tous.
Concrètement, 10 % de la valeur de chaque œuvre produite ou vendue est reversé à un projet d’ONG lié à l’ODD choisi par l’artiste, en accord avec le client.

Ice Watch Paris, Olafur Eliasson, Place du Panthéon, du 3 au 13 Décembre 2015
Source : artists4climate

Quelle est ta vision de l’art contemporain et de son rôle dans la transformation des entreprises ?

L’art contemporain ne se limite pas à l’esthétique, il incarne du sens.

Dans notre monde VUCA (Volatile, Uncertain, Complex, Ambiguous), où les individus sont souvent submergés par l’incertitude et l’anxiété, l’art au service de la RSE agit comme un catalyseur d’émotions et de débats. Il ne donne pas forcément de réponses, mais il pousse à la réflexion et à l’action.

Mais surtout, l’art engage nos sens.

Si nous reprenons l’exemple Ice Watch cité plus haut, le changement climatique devient une réalité palpable : toucher ces blocs de glace millénaires en train de fondre sur la place du Panthéon, entendre leurs bulles d’air emprisonnées bien avant l’ère industrielle. Autant d’éléments qui rendent l’Anthropocène – cette nouvelle ère géologique marquée par l’empreinte de l’homme sur la planète – soudainement concret et immédiat.

Comment l’art au service de la RSE peut-il concrètement s’intégrer dans une entreprise ?

Une œuvre installée dans un espace de travail devient un repère tangible, un marqueur de transformation.

Elle invite au dialogue et génère une fierté collective : les collaborateurs peuvent se reconnaître dans cet engagement artistique et sociétal. L’œuvre reste dans l’entreprise, et chaque projet est comme un nouveau cailloux blanc sur le chemin de son histoire et sa transformation : elle rappelle pourquoi le projet a été mené, génère des débats et marque une étape franchie.

Comment est née la collaboration entre The Art Pledge et CAUSE ?

L’histoire est amusante. J’ai décroché la certification B Corp pour The Art Pledge en février 2024, et en explorant les autres entreprises certifiées, j’ai découvert CAUSE. J’ai tout de suite perçu que nous partagions une vision commune :

Celle de replacer la culture et l’émotion au cœur de la transformation des entreprises.

Jusqu’ici, mon approche était plutôt intuitive. J’allais voir les entreprises avec cette proposition d’art engagé, mais il manquait un cadre structurant pour les convaincre. CAUSE apporte cette rigueur stratégique, cette expertise en RSE qui permet de donner du sens et une direction claire aux projets artistiques. Ensemble, nous avons donc créé TAP x CAUSE – L’Art qui Engage.

The Art Pledge.org

Concrètement, en quoi consiste cette offre TAP x CAUSE ?

Nous invitons les entreprises à intégrer l’art contemporain dans leur démarche RSE, à travers plusieurs axes :

1- Analyse de votre stratégie RSE :

Analyse de votre mission, stratégie RSE et enjeux. Un portrait contemporain de votre entreprise est créé, pour une première incarnation de vos enjeux clés par l’art. Les axes prioritaires sont alors choisis. 

2. Projets artistiques engagés :

Sélection d’un artiste en résonance avec les valeurs et enjeux de l’entreprise, co-construction du projet d’une œuvre qui restera dans l’entreprise, suscitant le dialogue et l’engagement des équipes sur le sujet RSE ainsi révélé.

3. Impact concret :

10% de la valeur de chaque projet est attribué à une cause, en lien avec les ODD choisis par l’entreprise et l’artiste. L’autre mesure d’impact, essentielle, est l’accroissement de l’engagement des parties prenantes. Les objectifs sont établis en amont, on doit pouvoir mesurer l’impact ! 

TAP x CAUSE c’est : L’art qui engage. Nous accompagnons chaque entreprise qui souhaite avoir un impact positif durable, sur la valeur créée, ses parties prenantes et la planète, vers plus d’incarnation, et plus d’impact.

Quelques exemples d’œuvres inspirantes que nous retrouvons sur The Art Pledge :

Anna Vogel
Ignifer XXXII, 2024
© the artist & Sperling, Munich

Que voyons-nous sur cette photo, d’une beauté sublime… et terrible à la fois ? Ou plutôt que ne voyons-nous pas ? L’hélicoptère en train de larguer du retardant rouge sur un incendie, probablement d’origine humaine. Par cet effacement, la photo, que Anna Vogel trouve sur le net et transforme, nous invite à regarder différemment deux conséquences majeures de l’impact de l’homme sur la nature: les incendies et la pollution (les retardants d’incendie contiennent une très forte concentration de ce que l’on appelle des “polluants éternels”) 

Geert Goiris
Mask, 2014
© the artist & art:concept, Paris

Que voyons-nous sur cette photo ? Un objet si familier depuis la crise du COVID en 2020-2021… or la photo date de 2014. Nous pensons à la différence, le besoin que certains ressentent de devoir se protéger… de leur environnement ? Parfois des autres ? Qu’avons-nous appris de cette pandémie, de ce confinement, qui puisse rendre notre relation au monde plus apaisée, voire plus féconde ? Comment ce “retour au bureau” peut-il être source de nouvelles expériences, de nouvelles inspirations, de nouveaux débats, de nouveaux engagements ?

Pourquoi une entreprise devrait-elle s’intéresser au meilleur de l’art contemporain ?

Parce que l’art est un levier puissant pour engager et fédérer.

Il s’agit de bien plus qu’un acte de mécénat (238bis AB du CGI: l’achat d’oeuvres d’artistes vivants présentées dans les espaces publics de l’entreprise bénéficie d’une déduction de 20% de sa valeur à l’IS, pendant 5 ans, à hauteur de 0,5% du CA ou 20.000 EUR par an), ni de décoration de bureaux, mais d’une véritable expérience collective. L’œuvre devient un symbole tangible de transformation, un point de repère dans l’histoire de l’entreprise, un actif tangible, source de fierté pour tous. L’artiste intègre même la “famille” de l’entreprise, sa carrière est suivie et renforce la dimension patrimoniale de cette aventure.

Quels sont les bénéfices concrets pour les collaborateurs et la culture d’entreprise ?

L’art crée des passerelles entre des individus qui ne se parlent pas forcément au quotidien (le fameux “effet silo”). Il développe aussi des qualités essentielles en entreprise : l’audace, la créativité, la réflexion critique. Il permet aussi d’exprimer des engagements autrement que par des mots, en incarnant les valeurs de l’entreprise de manière tangible.

Plastics Bags, Pascale Marthine Tayou, Paris Saint-Lazare, mai 2012

En 2012, SNCF Gares & Connexions sollicitent un projet artistique hors normes pour l’ouverture du plus grand centre commercial dans une gare en France: Saint-Lazare. Pascale-Marthine Tayou, Camerounais, artiste majeur de la scène internationale, est invité à revisiter son œuvre emblématique, présentée dans le monde entier: Plastic Bags.

Comment cet objet peut-il à la fois symboliser le “shopping” mais aussi la pollution de la nature ? Et comment incarner la “ruche” qu’est cette gare (2ème gare d’Europe, un demi-million de passagers par jour) ?
En voyant la foule et sa diversité, l’artiste me lance: “mais Didier, il y a tout le monde ici pour réaliser l’œuvre !”. Pour la première fois, elle sera réalisée collectivement par des milliers de passants !
Elle incarne même l’aventure d’un autre artiste qui peignit cette même gare, près d’un siècle et demi plus tôt, avant qu’il ne réalise “impression soleil levant” au Havre. Claude Monet. Son musée à Paris s’associe au projet.

Pour finir, Melody SCHMAUS, fondatrice de l’agence CAUSE et spécialisée en stratégie RSE et communication responsable nous donne son avis à propos de l’importance de l’incarnation en entreprise. Elle revient également sur sa rencontre avec Didier Saulnier à l’origine du partenariat TAP x CAUSE.

Melody, que signifie pour toi l’incarnation, notamment en entreprise, et pourquoi est-ce important ?

90 % des objectifs RSE ne sont pas atteints, faute d’une implication suffisante des salariés. (Selon une étude de Bain & Company publiée en 2017). Cela soulève une question essentielle : comment permettre aux collaborateurs de réellement s’approprier les sujets de transformation ? Il ne suffit pas de comprendre un sujet avec des mots et de la théorie.

L’émotion joue un rôle clé.

L’incarnation, le fait de palper quelque chose (même si c’est du numérique) est un moyen de décaler le propos et de prendre du recul sur la situation. C’est un levier puissant pour diffuser les valeurs, la culture d’entreprise et les éléments de transformation. Sans cela, ces notions restent souvent trop abstraites.

Retrouvez notre article sur la culture RSE pour en savoir plus.

Qu’as-tu ressenti lors de la première rencontre avec Didier Saulnier, votre binôme de TAP x CAUSE ?

Ce qui m’a particulièrement frappé lors de cet échange, c’est cette phrase que Didier répète tout le temps et qui m’est restée en tête. Elle m’a permis de voir l’art contemporain autrement .

« L’art contemporain, c’est l’archéologie du présent. » 

Dans 20 ou 30 ans, on regardera l’art d’aujourd’hui comme nous analysons aujourd’hui celui des époques passées, pour tenter de comprendre notre temps. 

Dans une époque post-industrielle, les entreprises occupent une place majeure, et racontent elles aussi notre époque, au même titre que l’art. Associer les deux, c’est une manière de laisser une trace, de créer des marqueurs d’histoire.

Les œuvres imaginées au sein des entreprises permettent d’embarquer les collaborateurs, qui à leur tour ouvriront la voie à d’autres. C’est ainsi qu’une vision collective peut émerger, à l’échelle de l’entreprise mais aussi de la société dans son ensemble.

Melody et Didier, un dernier mot pour les entreprises curieuses d’en savoir plus ?

Osez ! La chance sourit aux audacieux.

Votre projet est innovant, et nous sommes là pour vous accompagner dans cette démarche. Quelle que soit votre taille ou votre budget, nous trouverons l’artiste qui incarnera au mieux votre vision et suscitera l’engagement.

📩 Contactez-nous pour en savoir plus sur TAP x CAUSE et embarquez votre entreprise dans une aventure artistique et sociétale unique

On s’est peut-être croisés ?

Nous avions animé un atelier à ce sujet au Produrable 2024 :


A propos de l’œuvre en couverture :

Alejandra Hernández
Manifesting Intentions – #5, 2018
© the artist & Galleria Laveronica, Modica


On continue de CAUSER dans votre boîte mail ?

De stratégie et réglementations RSE, de communication responsable, de culture d’entreprise et d’art engagé. Un mélange d’analyses et d’inspirations pour celles et ceux qui veulent conjuguer sens et impact.

flèche bas

on cause de quoi ?

Autres articles à lire