Actions solidaires en entreprise : comment embarquer les équipes autour de vos engagements ?

Parmi ceux qui ont déjà participé à une action, 82 % souhaitent recommencer plus souvent.
L’envie de participer à ce type d’actions est donc bien présente et les freins semblent surtout se situer ailleurs : rendre l’engagement facile d’accès, libérer le temps nécessaire, donner un cadre clair aux managers et s’assurer que la mission réponde réellement aux besoins de l’association. 

La question devient alors : Comment construire un dispositif utile, lisible et réellement approprié par les équipes ?

deux personnes sur un chantier représentant le fait de construire un dispositif utile

Une politique d’engagement ne peut réellement embarquer que si les salariés voient concrètement comment ils y contribuent.

Une action solidaire permet par exemple de traduire :

  • une ambition en faveur de l’égalité des chances, à travers des ateliers d’orientation pour des jeunes 
  • un engagement environnemental, avec un chantier mené aux côtés d’une association locale 
  • une volonté de soutenir le tissu associatif, grâce à un accompagnement juridique, numérique ou comptable

Le premier bénéfice pour l’entreprise consiste à faire passer ses engagements du discours à l’expérience.

Une action concrète donne aux collaborateurs une manière simple de s’impliquer dans les orientations de l’entreprise. Elle permet aussi de les rendre plus visibles en interne comme en externe, non plus seulement à travers des chartes ou des messages institutionnels, mais à travers des expériences vécues sur le terrain. 

foule dans une salle de concert, illustrant l'animation d'une communauté

Programme d’animation

Chez CAUSE, nous concevons des programmes d’animation pour faire vivre des communautés dans la durée, qu’il s’agisse de collaborateurs, de fournisseurs, d’adhérents ou de membres d’un club d’entreprise.
Selon les besoins du collectif, ces programmes peuvent prendre la forme d’ateliers de co-construction, de Do Tanks, de webinaires participatifs, d’espaces d’échange continus ou de partages de pratiques, avec un objectif : transformer les échanges en actions concrètes.

Les actions solidaires placent les équipes dans un cadre différent du quotidien professionnel. Les rôles bougent, les métiers se rencontrent et les collaborateurs coopèrent autour d’un objectif qui dépasse leurs missions habituelles.

Ce changement d’environnement crée des situations précieuses pour le collectif. Un salarié peut découvrir un collègue autrement que par son poste, un manager peut contribuer au même niveau que son équipe, des métiers qui se croisent peu peuvent agir ensemble sur une mission concrète.

Ces expériences ouvrent un espace commun, moins formel, où les équipes vivent quelque chose ensemble avant d’en reparler dans l’entreprise.

En travaillant avec des associations ou des acteurs proches de ses sites, l’entreprise ne soutient pas seulement une cause. Elle développe aussi une connaissance plus fine de son environnement, identifie des interlocuteurs de confiance et comprend mieux les fragilités comme les dynamiques déjà présentes sur son territoire.

Cet ancrage peut prendre plusieurs formes, selon les besoins du territoire et les ressources que l’entreprise peut mobiliser, voici 2 exemples d’actions solidaires à impact local :

Avec la LPO (ligue pour la protection des oiseaux) Hauts-de-France, des entreprises locales ont mis à disposition des compétences en comptabilité, paie, développement web ou gestion de projet. Cette collaboration a permis de :

  • donner une utilité concrète à leurs savoir-faire métiers ;
  • mieux comprendre les besoins d’un acteur associatif de leur territoire ;
  • créer des liens plus durables entre leurs collaborateurs et le tissu local. (Un salarié mis à disposition a ensuite rejoint le conseil d’administration de l’association. )

Avec SATD, PME alsacienne, la démarche est partie d’un échange avec l’APEH, une association de parents d’enfants en situation de handicap. Cette écoute a permis de :

  • identifier un manque concret en matière d’équipements publics adaptés ;
  • concevoir une réponse avec les personnes concernées ;
  • faire naître une aire de jeux handi-ludique, accessible à tous les enfants.

L’intérêt est double. L’entreprise répond à des enjeux identifiés localement, tandis que les collaborateurs impliqués deviennent des points de contact concrets avec les acteurs du territoire. L’ancrage local se construit dans une relation d’écoute et de suivie, capable d’évoluer avec les réalités du terrain.

Reste ensuite à choisir le bon format.

Choisir le bon dispositif dépend du besoin auquel l’entreprise souhaite répondre et du temps qu’elle est réellement prête à libérer.

Les formats courts permettent de tester l’intérêt des équipes, de créer un premier temps fort et d’ouvrir une relation avec une association, sans construire immédiatement un programme annuel.

La journée solidaire part d’abord d’un besoin associatif. Pendant quelques heures ou une journée, les salariés participent à une mission utile sur le terrain. Ils peuvent rénover un lieu, distribuer des repas, préparer du matériel ou contribuer à un chantier environnemental. Ce format est simple à comprendre et permet de réunir plusieurs métiers autour d’une action concrète.

Témoignage anonyme d’une alternante chez l’Oréal

Avec son Citizen Day, L’Oréal montre qu’une journée solidaire par an peut créer un vrai temps commun entre collaborateurs, au-delà des métiers, des services ou des niveaux hiérarchiques. En participant à des missions concrètes comme la rénovation de locaux, la préparation de kits, des collectes ou des opérations de nettoyage, les salariés vivent une expérience partagée hors du cadre habituel.

Pour les associations, la régularité du rendez-vous permet aussi de mieux préparer les missions et de construire une relation plus suivie avec l’entreprise. Un format court peut donc devenir un point d’ancrage, s’il revient dans le temps et répond à un besoin réel.

L’Oréal – Citizen Day

Le team building solidaire et le séminaire engagé partent davantage d’un enjeu interne. Le premier vise à renforcer la cohésion d’une équipe à travers une mission utile. Le second permet de faire vivre les engagements de l’entreprise dans un temps plus large, mêlant sensibilisation, échanges et parfois action de terrain. Dans les deux cas, l’utilité pour l’association doit rester centrale.

Les collectes et challenges sont faciles à déployer et peuvent mobiliser plusieurs équipes ou plusieurs sites. Ils sont utiles pour créer une première participation, mais doivent être précisément cadrés. Une collecte mal préparée peut vite devenir une charge de tri, de stockage ou de transport pour l’association. Ces formats sont efficaces pour lancer une dynamique, mais ils restent ponctuels. Pour répondre à un besoin plus structurant, en plus de mobiliser du temps de travail, l’entreprise devra s’appuyer sur les compétences concrètes des collaborateurs.

Les formats fondés sur les compétences permettent d’aller au-delà d’une mobilisation ponctuelle. L’entreprise ne donne pas seulement du temps, elle met à disposition des savoir-faire utiles à une association ou à un organisme d’intérêt général.

Le mécénat de compétences consiste à mobiliser un ou plusieurs salariés pendant leur temps de travail pour répondre à un besoin précis. La mission peut concerner le droit, les ressources humaines, la communication, l’informatique, la comptabilité ou encore la gestion de projet. Contrairement à une idée répandue, ce dispositif n’est pas réservé aux grands groupes. Une PME peut commencer par quelques heures pour relire une convention, simplifier un outil de suivi ou former une équipe.

Le mentorat repose plus sur la transmission d’une expérience. Des salariés peuvent accompagner des jeunes, des personnes en reconversion ou éloignées de l’emploi autour de l’orientation, de la confiance en soi ou de la découverte des métiers. Le format est particulièrement utile lorsqu’il s’inscrit dans une relation suivie.

Entre l’intervention ponctuelle et le programme long, les ateliers métiers et les sprints de compétences permettent de concentrer plusieurs expertises sur un besoin ciblé. En quelques heures ou une demi-journée, une équipe peut aider une association à améliorer l’accueil de ses bénévoles, structurer une campagne ou débloquer un sujet numérique.

Concrètement, les formats basés sur les compétences peuvent prendre des formes très variées :

  • Communication et visibilité, pour aider une association à valoriser ses actions ou mieux faire connaître ses ateliers sur son territoire.
  • Gestion administrative ou financière, pour structurer des procédures, suivre des conventions ou construire des outils de pilotage
  • Développement de partenariats et collecte de fonds, pour organiser des événements ou animer des réseaux de sympathisants 
  • Mentorat et insertion professionnelle, pour accompagner des personnes en situation de handicap et des jeunes vers l’emploi
  • Appui opérationnel de terrain, pour participer à des collectes alimentaires, à du tri, à de la distribution de repas

L’avantage fiscal dépend de la manière dont l’action est organisée. Ce n’est pas le nom du dispositif qui compte, mais ce que l’entreprise donne réellement.

  • Si l’entreprise donne de l’argent ou du matériel à un organisme d’intérêt général éligible, elle peut bénéficier d’une réduction d’impôt. Cette réduction correspond à 60 % du montant du don jusqu’à 2 millions d’euros, puis 40 % au-delà, dans la limite de 20 000 € ou 0,5 % du chiffre d’affaires annuel hors taxes, selon le montant le plus avantageux pour l’entreprise. 
  • Si un salarié consacre du temps de travail à une association dans le cadre du mécénat de compétences, ce temps peut être valorisé comme un don. L’entreprise peut alors bénéficier d’une réduction d’impôt, calculée à partir du coût du salarié pour l’entreprise, c’est-à-dire son salaire et les charges sociales associées.
  • Si une journée solidaire, un mentorat ou un atelier métier est organisé comme une mise à disposition gratuite de salariés auprès d’un organisme éligible, l’action peut donc entrer dans le cadre du mécénat de compétences.
  • En revanche, une prestation de team building solidaire, des frais de déplacement, de logistique ou une collecte organisée par les salariés ne donnent pas automatiquement droit à une réduction d’impôt pour l’entreprise.

L’avantage fiscal peut donc réduire une partie du coût, mais il doit être vérifié avant de lancer l’action. L’association doit être éligible, la mission doit être formalisée et l’entreprise doit pouvoir justifier le don réalisé.

Faites rayonner vos engagements

Vous avez lancé une action solidaire, une politique RSE ou une initiative porteuse de sens, mais elle reste peu connue ou peu appropriée par vos équipes ? CAUSE conçoit des plans de communication interne et externe pour rendre vos engagements visibles, mieux compris et plus mobilisateurs.

De la définition des messages à la création d’une identité graphique dédiée, en passant par le choix des supports et des temps forts, nous imaginons des dispositifs qui donnent vie à vos projets et les transforment en véritables leviers d’engagement.

Un dispositif utile se situe à la rencontre de trois réalités. Ce que l’entreprise est réellement en mesure d’apporter, ce que les salariés ont envie de transmettre et ce dont les associations ont besoin.

La réussite dépend donc de la qualité de la préparation en fonction des ces 3 aspects.

Le risque le plus fréquent consiste à choisir d’abord un format, puis à chercher une association capable de l’accueillir. Or une journée solidaire, une collecte ou un atelier de compétences ne répondent pas aux mêmes besoins.

La démarche doit commencer par une cause ou une problématique sur laquelle l’entreprise souhaite contribuer. Cette première réflexion peut s’appuyer sur deux questions :

  • Sur quelle problématique l’entreprise souhaite- t-elle agir ?
  • Quelle association agit déjà concrètement sur ce sujet ?

Vient ensuite un temps d’écoute avec la structure partenaire, pour comprendre ses enjeux réels avant de concevoir le dispositif. Pendant cet échange, trois questions permettent de clarifier l’essentiel :

  • De quoi cette structure a-t-elle besoin ?
  • Quelle contribution des salariés serait la plus utile ?
  • combien de temps ou de ressources l’entreprise peut-elle réellement mobiliser ?

C’est seulement à partir de cette discussion que le format doit être choisi. L’association peut avoir besoin d’un accompagnement juridique plutôt que d’un chantier collectif, de deux mentors réguliers plutôt que de trente volontaires pendant une journée, ou de matériel très précis plutôt que d’une collecte générale.

Il est donc essentiel de ne pas arriver avec une idée d’action déjà arrêtée lors du premier contact. Sinon, le risque est de proposer un dispositif bien intentionné, mais qui ne répond pas vraiment aux besoins de l’organisme accompagné.

Pour qu’un dispositif solidaire soit approprié, il doit devenir repérable dans la vie interne de l’entreprise. 

pour comprendre comment faire, on peut s’appuyer sur l’étude de 2 cas :

EntrepriseOrangeSalesforce
Communication interneUn nom identifiable : Engage for Change

Un espace numérique dédié pour retrouver les programmes, les actualités, les témoignages et les opportunités

Un temps reconnu : 3 jours par an pour contribuer à des projets à impact social ou environnemental
Un nom simple : Volunteer Time Off

Un principe clair : du temps de volontariat rémunéré

Un volume défini : 56 heures par an, soit 7 jours ouvrés

Des usages ouverts : bénévolat, mentorat ou missions mobilisant des compétences professionnelles

Chez Orange comme chez Salesforce, la communication interne est facilitée parce que le dispositif existe déjà dans la durée est désormais connue des équipes.

Avant d’en arriver là, pour une entreprise plus  petite ou une première série d’actions, le défi est donc de donner une existence claire à l’engagement dès le départ. Une action devient plus désirable, plus appropriable et plus facile à relayer lorsqu’elle porte un nom, qu’elle est prévue suffisamment en amont pour être anticipée par les équipes et que l’accès à l’information est simplifié au maximum.

Mais la lisibilité ne suffit pas. Pour donner envie au-delà des plus engagés, l’entreprise doit aussi raconter ce qui se passe après l’action. Les retours d’expérience, les témoignages de participants, la parole des associations et les résultats concrets aident les autres salariés à se projeter.

photo de groupe lors du programme d'actions solidaires engage for change de Orange
Orange – Engage for Change

Avec une action très visible mais peu utile, les collaborateurs ou l’association peuvent être déçus, au point de ne pas avoir envie de poursuivre. À l’inverse, une action très bien pensée mais trop peu valorisée aura du mal à embarquer d’autres personnes autour du projet.

Avant de communiquer, un bilan honnête doit donc être posé autour de trois questions :

  • Qu’est-ce que l’action a apporté à la structure partenaire ?
  • Qu’a-t-elle produit en interne, pour les salariés comme pour l’entreprise ?
  • Quels aspects de la mission faut-il prolonger, ajuster ou arrêter ?

Le retour de la structure partenaire reste central. Sans lui, l’entreprise risque de mesurer uniquement la satisfaction de ses propres salariés, sans comprendre ce que l’action a réellement produit pour l’association.

La communication doit venir après cette évaluation. Il est légitime de remercier les participants, de faire connaître l’association ou de rendre les engagements visibles. Mais une opération ponctuelle ne doit pas être présentée comme une preuve globale d’impact.

Une communication juste rappelle le besoin initial, explique ce qui a été réalisé, donne une place à la parole de l’association et précise les suites envisagées. Plus l’entreprise est exacte sur les résultats comme sur les limites, plus son engagement gagne en crédibilité.

personnes lisant le journal, illustrant les lecteurs de la newsletter CAUSE

En résumé, Construire un programme d’actions solidaires qui embarque réellement les collaborateurs repose sur ces trois points clés à retenir :

1. Choisir l’action à partir d’un besoin réel

Avant de parler format, calendrier ou nombre de participants, l’entreprise doit partir d’une cause sur laquelle elle souhaite agir, identifier les associations qui travaillent déjà sur le sujet, puis comprendre ce dont elles ont réellement besoin. C’est ce qui permet de construire une action utile, plutôt qu’une initiative séduisante sur le papier mais peu adaptée au terrain.

2. Donner au projet une vraie place en interne

Une action solidaire ne mobilise pas uniquement parce qu’elle existe. Elle doit avoir une identité, être visible, facile d’accès et soutenue par les managers. Les collaborateurs doivent comprendre rapidement ce qui est proposé, sur quel temps ils peuvent participer, dans quel cadre et avec quel objectif.

3. Valoriser l’action avec justesse

Le programme prend de la valeur lorsque l’entreprise ne s’arrête pas au jour de l’action. Les retours de l’association, les témoignages des participants et les résultats concrets permettent de montrer ce que la mission a produit, de donner envie à d’autres collaborateurs de s’engager et de nourrir la suite.

La journée solidaire est souvent un format court, collectif et centré sur une mission de terrain. Le mécénat de compétences consiste plutôt à mettre un ou plusieurs salariés à disposition d’un organisme d’intérêt général, pendant leur temps de travail, pour mobiliser leurs compétences.

Oui. Une entreprise n’a pas besoin de lancer un grand programme pour commencer. Une PME ou une ETI peut organiser une première mission avec quelques volontaires, proposer un atelier métier, soutenir une association locale ou mettre ponctuellement une compétence à disposition. L’essentiel est de choisir un format réaliste, bien cadré et adapté aux moyens disponibles.

Oui, sous certaines conditions. Une entreprise peut bénéficier d’une réduction d’impôt lorsqu’elle fait un don à un organisme d’intérêt général, y compris sous forme de compétences. Le taux est généralement de 60 % du montant du don jusqu’à 2 millions d’euros, puis 40 % au-delà, dans la limite de 20 000 € ou de 0,5 % du chiffre d’affaires annuel hors taxes.

Le plus juste est de partir d’une problématique sur laquelle l’entreprise souhaite contribuer, puis d’identifier les associations qui agissent déjà sur ce sujet. Avant de définir le format, l’entreprise doit prendre le temps de comprendre ce dont la structure a réellement besoin. Cela évite de proposer une action séduisante en interne, mais peu utile pour l’association.

Selon le baromètre Day One publié en 2022, 90 % des collaborateurs interrogés se disent favorables à d’autres formes de participation solidaire que le don financier, et 82 % de ceux qui se sont déjà engagés aimeraient le faire plus souvent. Pour passer à l’action, vous devez juste rendre le dispositif compréhensible et les informations facile d’accès afin que les collaborateurs comprennent directement ce qui est proposé, à qui s’adresse la mission, sur quel temps ils peuvent s’engager et dans quel cadre.

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